Le Petit Poisson Noir - Ata Gallery

Contact
Paris - France
Entre le réel et le virtuel - Between the real & the virtual
Depuis - Since : 2005
Aller au contenu

Le Petit Poisson Noir

Ata
Le Petit Poisson Noir
Samad Behraingue
 
                                                             
Traduit, adapté et illustré par Ata Irvani
Petit extrait

C'était la veille de la quatrième nuit du solstice d'hiver.
 
Au fond de la mer, un vieux poisson avait réuni ses douze mille enfants et petits-enfants. Il leur racontait cette histoire
 
« Il était une fois, un Petit Poisson Noir qui vivait avec sa mère dans un petit cours d'eau.
 
Ce cours d'eau jaillissait des rochers.
 
La maison du Petit Poisson Noir et de sa mère se trouvait derrière une pierre noire, sous un toit d'algues.
 
Le Petit Poisson Noir était enfant unique, car des dix mille œufs qu’avait pondus sa mère, il était le seul survivant.
 
La mère et l'enfant se suivaient du matin au soir. Ils se mêlaient quelquefois aux autres poissons, allaient et venaient très vite dans peu de place.
 
Le Petit Poisson Noir désirait voir au moins une fois dans leur maison, le clair de lune.
 
Depuis quelques jours, il était préoccupé et parlait peu. Avec lassitude et sans entrain, il allait et venait d'un côté, de l'autre. La plupart du temps, il était distancé par sa mère.
 
La mère croyait que son enfant était souffrant et que cela passerait vite.
 
Mais, le mal-être du Petit Poisson Noir venait d'ailleurs.
 
Un jour, avant l'aube, il réveilla sa mère
 
-          Mère, je voudrais te parler.
 
La mère à moitié éveillée répondit :
 
-         Cher enfant ! Maintenant ? Ce n'est pas le moment. Tu me parleras plus tard. N'est-ce pas mieux d'aller se promener avec les autres ?
 
-         Non mère, je ne veux plus me promener. Je voudrais partir d'ici.
 
-         Faut-il absolument que tu partes ?
 
-         Je voudrais aller voir où finit le cours d'eau. Depuis plusieurs mois, j'y songe. Hier soir, je n'ai pas pu fermer l'œil. Finalement, j'ai décidé d'aller trouver la fin du cours d'eau. J'aimerais savoir ce qui se passe ailleurs.
 
La mère rit et dit :
 
-         Moi aussi, quand j'étais enfant, je pensais à la même chose que toi. Mais enfin, mon chéri, le cours d'eau n'a ni début, ni fin. C'est comme ça ! Il coule toujours et n'arrive nulle part.
 
-         Voyons, mère ! Tout n'a-t-il pas un début et une fin ? Le jour se lève, la nuit finit, la semaine le mois, l'année…
 
-         Laisse ces paroles de côté. Lève-toi, allons maintenant nous promener, ce n'est pas le moment de parler ainsi.
 
-         Non mère, je suis fatigué par de pareilles promenades. Tu vas peut-être penser que quelqu'un m'a influencé. Bien entendu, j'ai appris beaucoup de choses des uns et des autres. Par exemple, j'ai compris que la plupart des poissons se plaignent de tout et d'avoir vécu une vie inutile et creuse. Ils se lamentent et maudissent leur sort tout le temps !! Je voudrais savoir, est-ce vraiment une vie, aller et venir dans si peu de place, jusqu'à la vieillesse et rien d'autre. Ne peut-on vivre autrement dans ce monde ?
 
Quand il eut fini, sa mère dit :
 
-         Cher enfant, as-tu perdu la raison ? Le monde, le monde ! Qu'est-ce que cela signifie ? Le monde c'est là où nous sommes et la vie c'est ce que nous avons !
 
Un grand poisson s’approcha alors de leur maison.
 
-  Voisine, pourquoi te chamailles-tu avec ton enfant ? N'avez-vous pas l'intention de vous promener aujourd'hui ?
 
La mère sortit de sa maison et lui répondit :
 
- Quelle époque !  Maintenant, les enfants veulent apprendre des choses à leurs parents !
 
- Comment ça ?!
 
- Regarde, où veut-il aller ce poucet !? Il me répète sans arrêt, je veux aller voir ce qui se passe dans le monde ! Que de grands mots !!
 
La voisine s’adressa au petit poisson noir :
 
-Petit ! Dis-moi depuis quand es-tu devenu savant et philosophe ? Tu ne nous as pas mis au courant ? ...

Demandez la suite
 
 


Samad Behrangi est un enseignant, critique social, folkloriste, traducteur et nouvelliste iranien d'ascendance azérie. Il est connu pour son livre de littérature enfantine Le Petit poisson noir.

En plus de livres d'histoires pour enfants, il écrit de nombreux essais pédagogiques et collecte et publie plusieurs échantillons d'orature azérie. Ses études du folklore azéri sont généralement réalisées avec l'aide de son collègue Behrouz Dehghani.

Behrangi meurt (en septembre 1968) à l'âge de 29 ans, noyé dans l'Araxe, rivière formant notamment la frontière entre l'Azerbaïdjan et l'Iran.






Le Petit Poisson noir veut connaître l'endroit où le ruisseau prend fin. Malgré les mises en garde des siens et les pires dangers, il suivra son chemin de liberté avec sagesse et courage. Et découvrira des vérités essentielles...
Date de publication originale : 1968
Auteur : Samad Behrangi
Genres : Fiction, Littérature d'enfance et de jeunesse

Retourner au contenu